Des portraits de Renee Nicole Good et d'Alex Pretti, tués par balle par des agents de la police de l'immigration, lors d'une veillée aux chandelles à Minneapolis, dans le Minnesota, le 28 janvier 2026 ( AFP / Octavio JONES )
L'envoyé spécial de Donald Trump à Minneapolis a promis jeudi de "bientôt" réduire les effectifs de la police de l'immigration déployés dans la ville, tout en répétant la volonté du président américain d'y poursuivre les opérations anti-migrants qui ont provoqué une vague d'émotion aux Etats-Unis.
Tom Homan, arrivé sur place en début de semaine, faisait sa première intervention publique alors que la métropole du nord des Etats-Unis, devenue l'emblème de la politique anti-immigration du gouvernement Trump, reste sous le choc du décès de deux Américains abattus par des agents fédéraux.
Alex Pretti, infirmier de 37 ans, a été tué samedi par des membres de la police aux frontières (CBP). Renee Good, mère de famille du même âge, avait été tuée moins de trois semaines plus tôt, le 7 janvier, par un agent de la police de l'immigration (ICE).
Quelque 3.000 agents chargés de la lutte contre l'immigration illégale ont été dépêchés dans cette ville démocrate du Midwest, mais l'administration Trump va "bientôt" réduire la voilure, a promis Tom Homan en conférence de presse, sans donner d'autres détails.
"Nous allons nous assurer de mener des opérations de contrôle ciblées et je le répète: nous ne renonçons en aucun cas à notre mission. Nous la menons simplement de manière plus intelligente", a-t-il néanmoins insisté.
- "Améliorations" nécessaires -
"Nous y croirons quand nous le verrons. Cette administration a prouvé à maintes reprises qu'elle ne fait que nous mentir", a réagi auprès de l'AFP Steven Gagner, créateur de bijoux âgé de 41 ans, membre d'un réseau citoyen qui signale et filme les interventions d'ICE dans son quartier.
Son expérience sur le terrain lui fait dire qu'elles "se sont intensifiées dans les trois derniers jours par rapport aux trois précédents".
La présence de ces agents fédéraux masqués relève d'une "invasion contre notre démocratie", a fustigé jeudi le maire de Minneapolis Jacob Frey, que Donald Trump avait accusé la veille de "jouer avec le feu".
Un manifestant tient une pancarte lors d'un rassemblement pour exiger le départ des agents fédéraux de l'immigration, le 28 janvier 2026 à Minneapolis, dans le Minnesota ( AFP / ROBERTO SCHMIDT )
"La sécurité de la population est primordiale", a martelé plus tôt Tom Homan, relevant que le président américain admettait la nécessité de "certaines améliorations" dans les opérations. Si des agents n'agissent pas de façon professionnelle, "ils seront traités comme n'importe quelle autre agence fédérale. Nous avons des normes de conduite", a-t-il ajouté, tranchant avec les promesses d'impunité répétées au début des opérations.
Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a lui appelé jeudi les autorités américaines à la "retenue" pour "éviter que des manifestants ne paient de leur vie leur engagement", lors d'une conférence de presse à New York.
Les deux agents impliqués dans la mort d'Alex Pretti ont déjà été suspendus dans la foulée du drame. Une procédure "standard", a déclaré à l'AFP un porte-parole de la CBP.
Donald Trump, lui, ne montre aucun signe d'infléchissement sur son projet d'expulsions massives.
Son émissaire a promis de poursuivre le "dialogue" avec les responsables locaux, mais a vanté dans le même temps "la frontière la plus sécurisée" de l'histoire des Etats-Unis.
- "Plus jamais les mêmes" -
A Washington, les événements de Minneapolis pourraient déclencher en fin de semaine une paralysie budgétaire fédérale.
Le camp démocrate veut imposer davantage de restrictions au gouvernement Trump et à sa politique anti-immigration, quitte à aller jusqu'à un blocage ("shutdown") partiel des finances publiques.
Des messages, des fleurs et des bougies lors d'une veillée aux chandelles organisée à l'endroit où Alex Pretti a été abattu par des agents de la police de l'immigration, le 28 janvier 2026 à Minneapolis, dans le Minnesota ( AFP / Octavio JONES )
Le bras de fer se poursuit aussi en justice. Un juge fédéral a interdit mercredi la détention de réfugiés dépourvus du statut de résident permanent, mais habitant légalement dans l'Etat du Minnesota.
Dans un dossier distinct, un autre magistrat fédéral a jugé "probable que l'ICE ait violé davantage d'ordonnances judiciaires en janvier 2026 que certaines agences fédérales durant toute leur existence".
La sénatrice du Maine Susan Collins a assuré jeudi sur X que l'ICE, qui avait lancé une opération il y a quelques jours dans cet Etat du nord-est, y avait suspendu ses activités.
Concernant la mort d'Alex Pretti, une nouvelle vidéo diffusée par plusieurs chaînes américaines et qui n'a pu être authentifiée dans l'immédiat par l'AFP, a émergé mercredi. On le voit lors d'une violente altercation avec des agents fédéraux dont il dégrade notamment un véhicule à coups de pied. C'était plus d'une semaine avant sa mort.

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